Festival de la propagande à 'C dans l'air' sur l'euro

"C dans l’air", dans son émission du 5 décembre, a décidé de s’attaquer à la question de l’euro.

Pour ce faire, on nous a gratifié de quatre pseudo-experts, présentés comme économistes, mais dont aucun n'en a en réalité le titre. Philippe Dessertine est un professeur de gestion, Marc Fiorentino est un « financier » médiatique qui s’est fait remarquer pour ses condamnations à répétitions par l’autorité des marchés financiers (c’est dire son expertise…), Sophie Pedder, une journaliste anglaise envoyée par The Economist pour nous dicter la conduite de la France, Jean-Dominique Giuliani, dont la connaissance en économie est non-significativement différente de zéro et qui est à la tête d’un organe ultra-européiste: la fondation Schuman (du nom de Robert Schuman, européiste frappé d'indignité nationale à la Libération et ayant voté les pleins pouvoirs à Pétain...).

 

Bref, c’est un plateau qui sent la propagande, et on n’en a eu pour son argent…

 

Voici quelques uns des florilèges de ces tristes sires: 

 

 

  • «  Les taux d’intérêt augmenteraient de manière vertigineuse »

 

De quel chapeau ces prévisions sortent-elles ?

 

Ces europhiles nous disent qu’avant l’euro, la France empruntait à des taux extravagants, et qu’il suffirait de revenir à notre monnaie nationale pour les retrouver.

Ceci témoigne d’une incompétence grossière. Si les taux d’intérêt étaient élevés, c’est parce que la Banque de France maintenait ses taux directeurs à un niveau élevé, précisément pour préparer l’arrivée de l’euro. En effet, il fallait « coller au Mark ».

Comme le rappelle Jean-Paul Pollin, professeur à l’Université d’Orléans :

 

« pour ne parler que de la décennie 90, il y a eu deux périodes principales avec des taux bien différents. Au début des années 90, alors que le franc est faible face au mark, les dirigeants français veulent coller à la monnaie allemande pour qu'un jour la France puisse entrer dans l'Euro. Pour attirer les investisseurs, la Banque de France fait monter les taux d'intérêt. Ils sont à 10% en 1990 ». « Regardez ce qui se passe en Suède ou au Royaume-Uni. Ces pays sont hors de l'Euro et cependant, ils n'ont pas de taux d'intérêt assassins, de taux d'intérêts de 10%. Il n'y a pas de raison qu'ils aient des taux d'intérêts plus élevés dés lors que leur politique monétaire sont crédibles. En Suède, les taux à 10 ans sont actuellement aussi bas qu'en France à 2% et au Royaume-Uni, un tout petit peu plus élevés à 2,6%. En fait, tout dépend de la politique que pratiquerait la France en cas de sortie de l'euro. Inflation, dépenses, notamment. C'est en fonction de cela que les taux s'ajusteraient ».

 

La dévaluation est justement l’arme qui fut longtemps utilisée et qui continue à l’être par nombre de nos voisins, pour réduire le fardeau de la dette. Jean Tirole, dernier Prix Nobel* d’économie, affirme ainsi que :


« la dévaluation nominale (forte inflation et dévaluation), moyen habituellement utilisé par un pays surendetté pour restaurer sa compétitivité et éviter un « défaut » (ou du moins un défaut formel, l’inflation étant une forme d’expropriation) ne saurait être envisagée dans une union monétaire. Ce « défaut en douceur » est l’une des raisons qui expliquent pourquoi le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon, dont les finances publiques sont également fragiles, se financent plus aisément que les pays européens surendettés»[1].

 

La dévaluation joue donc le rôle d’un défaut caché, et en douceur. Elle permet de rendre soutenable la trajectoire de la dette, par l’accroissement temporaire de l’inflation et par le retour de la croissance. Ceci conduit les investisseurs à voir la dette comme davantage solvable qu’auparavant, et à facturer des taux plus faibles[2].

 

 

 

En 1992, quand l’Italie et l’Espagne ont dévalué leur monnaie, les taux d’intérêts n’ont pas dramatiquement augmenté. Sur le long terme, ils ont même baissé.

 

 

 

  • « La sortie de l’euro ferait monter la dette publique mécaniquement ».

 

Alors que le Monde a publié plusieurs articles sur la question, de même que Libération, l’émission annonce une explosion « mécanique » de la dette publique.

 

C'est à croire qu’ils ne jurent que par l’évangile selon Saint-Sarkozy (expert s’il en est) pour qui la dette augmenterait de 200 à 300% (et pourquoi pas 1000 % ?). Confondait-il avec son propre bilan ?

 

Rappelons d’abord que ce n’est pas le lieu de résidence du détenteur de dette qui importe, pas plus que le fait que la dette ait été émise en euro, mais le pays où a été émis ce contrat[3].

 

Or, 97% du montant total de la dette a été émis en droit français. Et selon le principe de droit international de Lex Monetae, cette part de la dette est convertible en nouveaux francs. 

En effet, le changement de monnaie en France serait acté par une loi « monétaire » (faisant office de lex monetae en droit interne), les juges français se voyant obligés d’appliquer cette loi.

 

Pour les 3% restants (dette émise en droit étranger), cela dépend des juges étrangers, qui doivent, en principe, d’après la Lex Monetae, convertir également ce montant en nouvelle monnaie[4]. Mais, même si ça n’était pas le cas, la dette augmenterait de seulement 12 milliards d’euros pour une dévaluation de 20%.

 

Rappelons par ailleurs que si la France n’avait pas payé d’intérêt depuis les années 70, sa dette serait de seulement 25% du PIB et non 98%…

 

 

  • Comparaison ménage-Etat.

 

Giuliani, qui a brillé par ses mensonges et son incompétence, ne pouvait pas passer à côté de ce sophisme qu’est la comparaison « ménage et Etat ».

 

Sait-il seulement que les ménages et les entreprises sont endettés  à 160% du PIB, soit moitié plus que l’Etat ?


Est-il au courant que, pour acquérir un logement, les ménages doivent consentir des prêts remboursables sur des années ? Qu’ainsi, ils « dépensent plus qu’ils ne gagnent » ?

 

Sait-il par ailleurs qu’un ménage ne peut pas augmenter son revenu à sa guise, ce qu’un Etat peut faire en augmentant ses recettes ?

 

Sait-il enfin que le taux d’endettement d’un Etat peut diminuer, alors même qu’il est déficit ?

En effet, la dynamique d’endettement dépend du taux d'intérêt payé sur la dette, mais aussi de la croissance, de l'inflation, ainsi que du déficit primaire (c'est à dire hors intérêts).

Ainsi, même avec un déficit primaire de 2%, si on a une inflation de 3%, un taux de croissance de 2% et un taux d’intérêt de 2%, le taux d’endettement diminue [5].


 

  • « Les pays qui ont appliqué l’austérité vont mieux » : l’Espagne etc…

 

 

Autre énormité ressassée : grâce à l’austérité, les pays du sud de la zone euro vont mieux, surtout l’Espagne.

 

Un simple regard sur les PIB des différents pays depuis la crise suffit à battre en brèche ce boniment.

En effet, le PIB de l’Espagne est 7% plus bas qu’en 2008 !

 

 

Par ailleurs, ce graphique ci-dessous de l’OFCE montre un lien évident entre austérité et écart de production. Plus il y a eu d’austérité, plus la croissance fut faible, et le plus souvent, négative.

Par ailleurs, le propre service de recherche de la Commission a estimé l’impact de l’austérité sur le PIB[6]. 

 

Selon la direction EcFi de la Commission pour la période 2011/2013 (en point de PIB)

France

Allemagne

Italie

Espagne

Grèce

-4,8

-3,9

-4,8

-5,4

-8

 

 

Si aujourd’hui, les pays comme l’Espagne vont mieux, c’est précisément parce qu’ils ont temporairement ralenti l’austérité[7], et qu’ils profitent également de la désinflation, qui permet d’augmenter (temporairement aussi) le pouvoir d’achat, et donc de soutenir la consommation.

 

 

Cependant, cette situation ne durera pas : l’Espagne doit encore réduire son déficit (aujourd’hui de 5,6%) ce qui impliquera de nouvelles mesures d’austérité, et la désinflation ne dure qu’un temps, surtout si elle menace de virer à la déflation.

 

  • "La dévaluation, c’est du passé"

  

 

Les intervenants font mine de croire que la dévaluation n’existe plus, et n’est plus utilisée. Or, c’est la norme ! Royaume-Uni en 2008-2009, Japon en 2013, Etats-Unis (constamment…)… Tous ces pays ont connu de brutales dépréciations et sont ceux qui aujourd’hui, repartent le mieux…

La zone euro est cantonnée à son rôle d’idiot du village global, qui attend que le jeu économique de ses « partenaires commerciaux » se fasse. 

 

 

 

  • "Dévaluation = fin du commerce international = la guerre."

 

Comment peut-on en arriver à un tel niveau de non-sens ?

 

La dévaluation permet justement de relancer le commerce mondial, puisque les produits du pays qui dévalue deviennent beaucoup plus attractifs. Ses exportations augmentent donc.

 

Dessertine a recours, pour appuyer cette audacieuse remarque, au mensonge systématique déjà usité en 2012 à "Mots croisés". Ainsi, on apprend que c'est à cause des dévaluations que le commerce mondiale s'est effondré lors de la crise de 1929.

Si ce monsieur passait un peu plus de temps dans les bibliothèques et moins sur les plateaux télés, il aurait su que:

1/les dévaluations sont intervenues tardivement (puisqu’on était en régime d’étalon-or)

2/que les pays qui s’en sont le mieux sortis, sont ceux qui ont quitté l’étalon-or le plus tôt (cf graphique ci dessous)

 

3/que le commerce mondial s’est effondré bien avant les dévaluations, non pas à cause du protectionnisme (qui lui aussi est intervenu plus tard), mais simplement parce que les capitaux américains qui étaient en Europe ont été rapatriés, et que la demande mondiale s’est effondrée[8].

Notons par ailleurs que James Meade, lauréat du Prix Nobel notamment pour ses travaux sur les zones commerciales, affirmait en 1957, au moment du traité de Rome, que le marché commun européen nécessitait de conserver la possibilité de dévaluation en rétorsion aux éventuelles politiques d’exploitation du voisin ( « Beggar thy neighbour ») mené par un pays[9] (typiquement le cas de l’Allemagne au début des années 2000).

 

Enfin, et là, on joue à se faire peur, ces dévaluations auraient amené Hitler, la Guerre, et la fin du monde...

 

Il n’y a qu’un malheur : ce sont les politiques d’austérité et déflationnistes du chancelier Brüning qui ont permis l’émergence d’Hitler.

  • "L’euro a dévalué, ça n’a pas marché".

Eternel lieu commun rabâché par nos européistes compulsifs: la récente dévaluation de l’euro n’a pas permis d’augmenter les exportations : c’est bien la preuve que la dévaluation ne sert à rien.

 

Premièrement, l’euro s’est effectivement déprécié de 10% par rapport au dollar depuis mai. Mais, comme presque 50% de notre commerce se fait à l’intérieur de la zone euro (donc en euro), le taux de change effectif (c’est-à-dire celui à l’égard de l’ensemble de nos partenaires économiques) n’a baissé que de 5%.

 

Outre le fait qu’un tel niveau n’est pas suffisant pour rétablir la compétitivité de la France, il ne résout pas notre principal problème : nos principaux concurrents sont à l’intérieur de la zone euro : on aurait le plus besoin de dévaluer par rapport à eux !

 

 

Alberto Bagnai, professeur d’économétrie italien montre que la sensibilité au taux de change des exportations italiennes est de loin plus forte avec les pays de la zone euro, qu'avec les pays hors zone euro. En clair, une dévaluation de 20% de l’euro n’aurait quasiment aucun impact sur la balance commerciale de l’Italie, quand la dévaluation de 20% de la Lire permettrait de l’accroître de 100 milliards de Lire[10] ! Ce raisonnement est applicable à la France, étant donné la similarité de ses spécialisations productives.

 

 

  • "Les prix augmenteraient de 20% !"  

 

Là, le baratineur en chef Giuliani nous a gratifié d’un festival. Selon ses « calculs » d’apothicaire (faits au doigt mouillé et sur un coin de table), la facture d’énergie des ménages  passerait de « 2100 euros » à 2520 (soit 20% d’augmentation).

 

La tromperie est à son sommet : dans ses savants calculs, le sieur Giuliani ne s’est pas aperçu que le prix de l’énergie était aussi constitué de taxes…

Mais surtout, qu’au moins 50% de ces dépenses en énergie domestique sont liées à la consommation d’électricité (nucléaire), qui, pour l'essentielle, n’est pas importée… (certes, si on prend aussi les carburants, la part de l'électricité tombe à environ 28%). 


Pour être plus sérieux, l’OFCE a estimé à l’aide d’une modélisation VAR que l’augmentation du 20% du prix des importations (ce qui revient à peu près (hors effets de marges) à une dévaluation de 20%) conduit à accroître l’indice des prix à la consommation de 1,7 (hypothèse moyenne) à 2,4 points (hypothèse haute)[11]. Ainsi, par rapport au niveau d’aujourd’hui (0 ,5% d’inflation environ), dans le pire des cas, l’inflation serait 3%...

 

En effet, la part des importations dans la consommation des ménages n’est que de 15% !

 

En ce qui concerne l’essence, nous l’avons dit, près de 60% du prix est constitué d’impôts (TVA, TICPE essentiellement).

 

Ainsi, une dévaluation de 20% n’augmenterait les prix à la pompe que d’environ 10 centimes, sachant qu’ils ont baissé de 10 centimes depuis le début de l’année 2014…

Ceci est confirmé par l’estimation économétrique réalisée par Alberto Bagnai en Italie[12].

 

Bref, on est loin des fantasmes colportés par cette émission.

 

 

 

  • "L’Argentine a connu une situation épouvantable"

 

 

Au secours de sa piètre argumentation, Dessertine eût recours à l’exemple argentin.

 

Evidemment, c’était trop lui demander de regarder les chiffres avant de parler.

Il aurait pu constater que l’Argentine a connu une croissance vertigineuse immédiatement après sa dévaluation (graphique ci-dessous), succédant ainsi à des années d’austérité et de récession.

Que le taux de chômage a drastiquement baissé, de même que le taux de pauvreté, ou encore l’indice Gini qui mesure les inégalités…

 

C'est vrai que comparé à la Grèce, c'est épouvantable. 

 

 


 

Mais quelle est donc leur alternative, si ce n'est ce que Draghi a déjà esquissé : la baisse des salaires, pour sauver l’euro ?

 

Ces gens s'inventent des conséquences d’une éventuelle sortie de l’euro qui ont en réalité déjà lieu !

 

 

 



[1] https://www.banque-france.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/publications/Revue_de_la_stabilite_financiere/2012/rsf-avril-2012/RSF16-etude-22.pdf

[2] Par ailleurs, il faut noter, comme le rappelle R.Lavagna, que 48 heures après la défaut argentin sur sa dette extérieure, les investisseurs étrangers étaient demandeurs de la dette argentine précisément pour ces raisons

[3] http://altereconomie.jimdo.com/2014/10/13/nouvel-article/

[4] Scott, "When the Euro Falls Apart", 2012

[5] http://altereconomie.jimdo.com/2014/12/07/de-l-importance-de-la-mon%C3%A9tisation-en-cas-de-sortie-de-l-euro/

[6] http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/economic_paper/2013/pdf/ecp506_en.pdf

[7] http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140709trib000839238/a-mettre-en-ligne-vendredi-matin-la-reprise-espagnole-est-elle-un-modele-.html

[8] « la production intérieure des grands pays industrialisés régresse [...] plus vite que le commerce international ne se contracte, Si cette baisse avait été la cause de la dépression que les pays ont connue, on aurait dû voir l'inverse. L'essentiel de la contraction du commerce se joue entre janvier 1930 et juillet 1932, soit avant la mise en place des mesures protectionnistes ». J. Sapir, Le Monde diplomatique, mars 2009, Dossier : Le protectionnisme et ses ennemis, « Ignorants ou faussaires », page 19.

[9] Meade, J.E. (1957) “The balance-of-payments problems of a European free-trade area”, The Economic Journal, 67, 379-396.

[10] http://www.asimmetrie.org/wp-content/uploads/2014/07/APB2014-01.pdf

[11] http://www.senat.fr/rap/r08-169/r08-16921.html

[12] http://www.asimmetrie.org/opinions/svalutazione-del-cambio-e-prezzo-della-benzina/

 

 

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Commentaires : 12
  • #1

    Lauzza Juliette (mardi, 09 décembre 2014 19:29)

    Combien à coûte le maintien de la monnaie euro, aux FRANÇAIS, depuis sa création !

  • #2

    Février Alain (mardi, 09 décembre 2014 21:00)

    Merci pour ce travail fastidieux qui, je l'avoue, n'est pas à la portée du premier venu. Mon sentiment envers les médias, [ en majorité incompétents en matière financière et dans le domaine de l'économie de marché,], il ne leurs reste que leur bla-bla-bla : faire peur et mentir à longueur de journée. Le peuple devient de moins en moins perméable à leur ignoble propagande qui ne repose sur rien de concret !.

  • #3

    Jean Sur (mardi, 09 décembre 2014 23:17)

    Un grand merci pour ce remarquable travail .

  • #4

    suber (mardi, 09 décembre 2014 23:23)

    merci, pour ces lignes de lumiere eco.effectivement la propagande neocom. respire a plein nez avec de tels personnages, qui viennent et reviennent , sur les plateaux des merdias , avec des animateurs .......!!!

  • #5

    Olivier P (mercredi, 10 décembre 2014 12:01)

    Divertissement à regarder avec une bassine à coté de vous, nausée assurée.

    Une émission ou ces pseudo-experts nous imposent leur point de vue et ou aucune opinion extérieure ne vient les ou contredire. À partir de là on peut tout dire et tout imaginer. Que le retour à la monnaie nationale engendrera des guerres, la fin de l’économie, la mort de la France, l’arrêt de rotation du noyau de la terre et la suppression du champ magnétique terrestre, assèchement des océans en même temps que la fonte des glaciers, l’explosion du soleil et la contraction de celle du big bang… Tout le monde acquiesce les théories farfelues de chacun dans la joie et la bonne humeur !

    Quelle belle émission ou les dix premières minutes sont consacrées à la mort du CDI. Moi-même employeur, on m’explique que si je n’embauche pas c’est à cause de ce vilain CDI, enfin je vais pouvoir faire évoluer mon entreprise grâce à leur fantastique analyse !

    Ensuite on vient nous dire que nous avons trop d’hôpitaux et qu’en supprimer quelques-uns ne changera rien de plus, faire 40Km de plus pour aller se faire soigner ce n’est pas dramatique. C’est vrai après-tout, les victimes d’AVC ne vont pas nous faire c**** pour quelques 40Km de plus… Non mais !

    Et tout cela fini sur les chapeaux de roue ou on nous explique que les anti-UE, les partis populistes sont de méchants nazis contrôlés par les Russes et ne veulent pas le bien du peuple contrairement à l'Union Européenne qui nous apporte la paix depuis sa création. Paix au combien prouvée car nous savons tous qu'avant l'UE, nous étions de barbares sanguinaires qui s'habillaient en peau de bête et qui tuaient le voisin à coup de massue pour convoiter sa femme. Heureusement l'UE est arrivée et vint la civilisation, Amen.

    Attention messieurs-dames ! Si vous regardez cette émission jusqu'au bout, vous n'en ressortirez pas indemne. Cela laisse certaines séquelles psychologiques... les inventeurs de l’obsolescence programmée pour les appareils électroniques ont enfin repris le concept pour l’être humain : la dégénérescence programmée.

  • #6

    C.Nostra (jeudi, 11 décembre 2014 13:48)

    N'oublions pas que les médias appartiennent à des industriels ou des politiques et qu'ils ne sont pas là pour vous informer mais pour vous orienter. L'union européenne, (usa avec un nez rouge) est la gangrène des pays de l'europe et d'ailleurs et nous en sortirons tôt ou tard m^me si certains affirment le contraire.

  • #7

    Serge. (lundi, 15 décembre 2014 11:46)

    Il faut nourrir les spéculateurs à toute fin. Le système est ainsi fait et la clique Bilderberg qui veille au grain fait le nécessaire pour que le système continue de fonctionner...au détriment des peuples du monde entier et aidé par des fanfarons qui ont été choisis par eux ou leurs vassaux. Si nous voulons nous en sortir nous devons d'abord convaincre une grande partie des français car sans l'adhésion d'un peuple devant un tel défi rien ne se fera pour sauver notre pays des pattes du diktat européanoaméricain. Que de travail en perspective! Heureusement chaque jour l'état de conscience des français évolue et beaucoup d'entre eux ont compris que la farandole UMPS n'est qu'un leurre. Je leur dis: Venez nous rejoindre, ni système ni extrême mais pour une France unie et fière de ses valeurs.

  • #8

    Nietil (mardi, 16 décembre 2014 23:33)

    Il manque une remarque je trouve dans la partie sur la dévaluation.

    La dévaluation classique appartient effectivement au passé ... parce que les taux de change fixes, et donc précisement l'euro, appartiennent au passé ! La zone euro est le dernier endroit de la planète qui s'inflige volontairement un empoisonnement au taux de change fixes.

  • #9

    Moi (mardi, 16 décembre 2014 23:34)

    La baisse de l’euro par rapport au dollar est relativement récente, les variations des parités n'ont pas des répercutions immédiates sur le commerce extérieur, il faut au moins un an pour en voir les effets.
    Mais le vrai problème est surtout au sein de la zone euro où les différentiels d'inflation qui existait avant l'euro persistent après l'euro (et sont même accentuées vu que le pays avec l'inflation la plus faible a bloqué ses salaires au début des années 2000) ce qui a créé de gros déséquilibres de compétitivité entre les pays. Le second problème est comment avoir un taux directeur unique pour 17 économies différentes. La bulle immobilière en Espagne est un bon exemple car elle est la conséquence de taux trop faibles qui ont alimenté la bulle et n'ont pas été pu être remonté avant que la bulle atteigne une taille gigantesque.

    En plus à la fin de l'émission, ils évoquent brièvement le fédéralisme alors que c'est la suite logique de la monnaie unique et la seule façon de la faire perdurer à long terme (vision théorique). Et vu que le fédéralisme est une impasse (vision pratique), l'euro n'a aucune viabilité. C'est le cœur du problème car à quoi bon faire des efforts pour garder une monnaie qui disparaîtra à court ou moyen terme.

    Et puis pour le couplet sur la paix et l'Europe, il y a une citation de Védrine que je trouve très juste:
    "L'Europe n'est pas la mère de la paix mais sa fille"
    Et ceux qui nous promette l'enfer si l'on quitte l'euro, nous ont déjà promis le paradis il y a 20 ans si on l'acceptait.

    La perte de sang froid/refus d'un semblant de débat des Attali/Caron face à Polony est peut-être symptomatique d'un système au bord de la rupture car ils passent en mode hystérie pour refuser de se confronter au réel qui colle de moins en moins avec leur vision du monde.

  • #10

    1Direct (samedi, 20 décembre 2014 17:36)

    Bravo pour votre article. Impressionnant!
    Peut être vais je écrire une bêtise mais tant pis.
    En lisant le passage sur l'époque de l'étalon or je me suis fais la réflexion que la zone Euro est le nouvelle "étalon or" de ses occupants.
    Réflexion idiotes?
    Si elle n’est pas idiote (ma réflexion) il reste à savoir si nos gouvernants et autres élites, au nom de la sauvegarde de leurs propres intérêts privés, seront aussi obtus et qu’ils en sortiront, mais trop tard, que 5 ou 6 ans après les autres. Comme à l’époque.
    Parallèle idiot?

    J’aimerai (aussi) avoir une réponse à cette question:
    Quel peut bien être l’intérêt de ces “Élites” médiatiques à prendre part à cette … “mauvaise foi”?

    Désolé, mais je ne peux croire qu’ils soient idiots et qu’ils pensent (croient) réellement en tout ce qu’ils nous disent, ressassent. Ce n’est pas possible. Si?
    Sont-ils payés? Par qui?
    Auriez au moins un début de réponse?

  • #11

    Altereconomie (dimanche, 21 décembre 2014 10:08)

    @ 1Direct

    Ce parallèle n'est pas idiot, bien au contraire. Nombreux sont ceux qui comparent l'euro à un régime pire que l'étalon-or (Sims...). Stiglitz faisait également ce parallèle: "ceux qui sont les premiers abandonnés l'étalon-or, sont les premiers à s'en être sortis".


    Sur les élites médiatiques: Emmanuel Todd l'explique bien: il y a quelque chose de psychologique: c'est leur oeuvre qui est menacée, et, prenant de plus en plus conscience de l'échec de celle-ci, entrent dans une phase d'hystérisation de toute question sur l'euro et usant d'une sémantique quasi-religieuse.

    Sur les éventuels liens financiers cf ce dossier page 13 http://www.frontnational.com/pdf/fin-euro.pdf

  • #12

    1Direct (dimanche, 21 décembre 2014 15:53)

    En clair soit :
    - ils sont "embrigadés" qu'ils ne peuvent même plus réfléchir
    - ils achetés par leurs propres intérêts qu'ils nous vendent leurs salades
    - ils ont (enfin) 2 sous de bon sens mais admettre qu'ils peuvent s'être trompés ou avoir été trompés, dépasse leur capacité à faire abstraction de leurs égos, de leur orgueil. Tel les victimes d'arnaques qui se taisent ... de honte (eux).

    Je ne sais pas lequel de ces cas est le pire. Choisir entre bêtise, ignorance, cupidité ... c'est comme nous demander de choisir entre nous amputer, sans raison, des bras ou des jambes.
    (oups ... c'est la première métaphore qui m'est venue. Pas sûr que ce soit la meilleure :-) ).

    La (ma) conclusion:
    Quelque soit le cas des personnes diffuseurs de la "bonne parole" (la seule, l'unique) c'est nous qui en pâtissons.
    La cerise sur le gâteau est que nous avons et aurons à choisir entre ces catégories de pathologie. Dur.
    Rassurez-vous brave gens! Tout va bien! ... Le pire sera (peut-être -espoir-) pour demain.