Les bobards journalistiques se succèdent, et la vacuité demeure

             Les chiffres de croissance trimestrielle, qui tombent un peu partout en zone euro et en Europe, sont l'occasion d'autant de contre-vérités alimentées par les grandes agences de presse et reprises benoîtement par l'ensemble des rédactions. 

 

On y apprend notamment que la Grèce est sortie de récession (et donc sortie d'affaire ?), et que la crise est enfin terminée.

 

 

 

   

Mais nulle part on ne trouve mention du fait que la richesse nationale de la Grèce a fondu de 26% depuis 2008, que le chômage atteint des sommets (27%), que le pouvoir d'achat a été rogné de 40%... Bref, que la Grèce a touché le fond. Elle ne peut donc que remonter. Mais à quelle allure ? Le gouvernement grec, la Commission Européenne et semble-t-il, les journaux consensuels se satisfont d'un maigre 0,6% de croissance envisagée pour 2014 et d'un (très hypothétique) 2,9% en 2015. Quand on connaît la qualité des prévisions des grandes institutions mondiales pour la Grèce, on ne peut prendre ce dernier qu'avec la plus grande prudence. 

L'attitude de la Commission et de leurs échansons est semblable à celle du pompier pyromane, qui, ayant installé le chaos, se satisfait d'avoir temporairement arrêté la propagation du feu. Mais il refuse à constater les dégâts. 

 

 

  

 

 

Autre média-mensonge (lié probablement à l'impéritie des journalistes): le PIB français se porterait mieux que prévu. En effet, les prévisionnistes attendaient pour le 3ème trimestre 2014, 0,2% de croissance pour la France. Ce fut 0,3%. Cependant, c'est passer à côté de la révision opérée par l'INSEE pour le trimestre précédent. Ainsi la croissance au 2ème trimestre fut de -0,1 (contre 0% en première estimation). Or, si les journalistes avaient quelques notions de statistiques, ils auraient vu ici un effet de base, et n'auraient pas crié victoire trop tôt. Si 100 est diminué de 1% (ce qui fait 99), puis augmenté de 3% (soit 101,97), le résultat est moins important que si on augmente 100 de 0%, puis de 2% (102).

 

Le tableau suivant montre en effet que le montant du PIB en euros eût été plus important si les prévisionnistes avaient eu raison (0,2% de croissance au T3) et que l'INSEE n'avait pas révisé sa prévision pour le T2 (2). Il est donc faux de dire que le PIB est meilleur que prévu. 

 

Nul mieux à l'horizon, ni en France (la croissance attendue pour la France sur l'ensemble de l'année 2014 est de 0,4%) ni en zone euro, alors que l'inflation tend toujours vers 0, et flirte avec le seuil négatif. 

 

 

 

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